la sécurité à bord

- le finalité du Lac Tonlé Sap était de transporter de Kérosène ou TR5 (1) indispensable au fonctionnement des aéronefs équipant les porte avions, ce liquide est particulièrement détonnant,

- tous les outillages utilisés sur le pont étaient en métal anti déflagrant (ne provoquant pas d'étincelle en cas de choc) fabriqués sans doute en alliage de cuivre. Les souliers devaient être dépourvus de fers,

- après chaque transport de TR5, il était nécessaire de dégazer les citernes, cette opération consistait à laver l'intérieur des cuves avec un système de nettoyeur tournant de façon aléatoire et commandé par la pression d'eau, avec ce nettoyeur toutes les parois étaient atteintes sans intervention humaine, il en résultait dans le fond de la cuve un liquide qui devait être évacué par la suite, à ce propos il nous arrivait le soir venu de vider la cale du compartiment machine de son contenu à l'aide de la pompe de cale, c'était interdit mais pour éviter je ne sais plus quelle corvée nous passions outre, il en résultait le matin venu des traces d'huile à la surface de l'eau, évidemment la responsabilité de l'acte était toujours reportée sur le voisin à quai,

- normalement le Lac Tonlé Sap ne pouvait pas naviguer les citernes à vide, une fois, j'ai eu l'occasion de voir à quai les citernes vidées, l'inclinaison longitudinale était impressionnante, de l'ordre de 15 degrés environ, penchant vers l'arrière...

- lors des ravitaillements en mer, chacun était à son poste incendie, mon rôle consistait à maintenir la pression à la pompe incendie aux machines, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus plaisant et intéressant, en tant que mécanicien je me sentais frustré de tout ce qui se passait sur le pont (ravitaillement, appareillage...),

- il m'est arrivé de porter la tenue d'intervention prévue pour pénétrer dans le feu, c'était une combinaison toute en amiante, avec un masque intégré en mica, en plus il fallait supporter des vêtements de laine en dessous, je ne sais pas comment dans un tel accoutrement il m'aurait été possible d'intervenir, la chaleur était déjà difficilement supportable en station assise sans bouger,

- j'ai participé deux fois à des exercices incendie avec les marins pompiers, j'en garde un très mauvais souvenir, en particulier l'exercice qui consistait à vous mettre l'appareil respiratoire "Fenzy" sur le dos, vous faire courir en sprintant 200 m, puis à vous introduire dans une épave en feu à quai pour y relever des indices, j'ai cru mourir, l'autre exercice consistait à éteindre un feu mis dans une cuve d'huile, ceci à plusieurs, avec protection (à l'aide d'une lance faisant un écran de brouillard de pluie) de ceux qui tenaient la lance à incendie, nous devions être 4 ou 5 pour cet exercice, cela dégageait un épais nuage de fumée noire sur Toulon, je suppose que maintenant ce type d'exercice est interdit à cet endroit, c'était vers Castigneau.

(1) Le kérosène est issu de la distillation du pétrole. Il est utilisé essentiellement dans la fabrication de carburant pour l'aviation (turboréacteurs et turbopropulseurs). C'est un produit de raffinage devant être exempt de soufre. Son usage en aviation est principalement dû à son fort pouvoir énergétique, qui autorise une plus grande autonomie à masse embarquée égale, ou, en d'autres termes, qui permet d'alléger la masse totale à emporter à autonomie constante. Mais il est surtout utilisé aussi dans l'aviation à cause de son point de congélation très bas, inférieur à -50°C, car, en haute altitude, il serait fâcheux que le carburant soit congelé. À 11000 mètres d'altitude, on trouve souvent des températures extérieures à -65°C.